Quels pourraient être les mérites de Delphine à 10 ans ?

Tout parent et éducateur sait bien qu’ en général, un enfant commence à acquérir une autonomie de pensée à partir du début de l’adolescence vers 11-12 ans. 

Alors, comment peut-on prendre en compte la volonté propre d’une enfant de 10 ans en vue de la donner en modèle aux enfants et aux familles et accompagner les prêtres et les séminaristes, comme nous l’a invité Mgr Aumônier, puis proposé Mgr Luc Crépy dans la prière qu’il nous encourage à réciter?

Certes à cet âge nous ne pouvons pas comparer sa vie à celle des Martyrs et des grands Saints qui ont marqué l’Eglise par leurs œuvres et leurs enseignements spirituels et/ou doctrinaux.

Mais l’Eglise ne nous offre-t-elle pas une multitude de Saints dont les mérites sont d’être des modèles de vie avec Jésus, nous explicitant comment être à l’écoute de Sa Volonté et l’accomplir?

Dans son ouvrage « Marie, Mère de mémoire » Pierre Perrier nous décrit Marie enseignant l’Ancien Testament à son enfant Jésus sur ses genoux.

Oui un enfant a besoin d’être accompagné et guidé dans sa découverte de Dieu ! Qui mieux que sa Maman peut accomplir une telle tâche ?

Delphine a bénéficié d’un environnement familial exceptionnel, ainsi que le choix de l’accompagnement par les sœurs bénédictines de Limon. Mais peut-on pour autant dire que les seuls mérites de Delphine furent de suivre docilement ces guides ?

En lisant attentivement le témoignage d’Isabelle de Fosseux, sa Maman, nous avons été frappés justement par l’évolution du comportement de Delphine qui, probablement du fait de sa maladie et aussi par Grâce, a acquis une maturité étonnante pour cette enfant entre ses 7 et 10 ans. Maturité à laquelle a su s’adapter et faire grandir de façon si pédagogique, son entourage

Le titre même de l’ouvrage de témoignage écrit par Isabelle de Fosseux : « Que mon Fiat devienne Magnificat ! » nous décrit parfaitement ces 2 étapes : en premier la découverte et l’acceptation de la maladie qui frappe Delphine et bien sûr ses parents, puis, l’admiration devant l’évolution du comportement de Delphine qui, s’appuyant sur les exemples de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de Sainte Bernadette de Lourdes, ne s’est pas repliée sur ses souffrances, mais a suivi à pas de géant Jésus jusqu’à Son Golgotha.

2 étapes sont fondamentales dans la vie de Delphine :

  • Sa première communion à 7 ans, si bien préparée sous la conduite des sœurs de Limon. Au cours de cette préparation 2 éléments sont à noter : l’offrande à Dieu de Delphine par sa maman d’une part et l’appel à prier pour les prêtres , enseigné par les religieuses, qui va rester profondément inscrit dans le cœur de Delphine, Appel que l’on pourrait comparer avec celui vécu par Sainte Thérèse de l’enfant Jésus au cours de son premier voyage à Rome !

  • Le gros cierge de Lourdes dont la flamme représente tous les « OUI » de Delphine : à la fois des OUI de comportements d’enfants comparables à ceux de la Vénérable Anne de Guigné lorsque sa maman lui demande de s’appliquer à « être bonne », mais aussi tous ses OUI au fur et à mesure de l’évolution de sa maladie et de ses souffrances jusqu’à son « j’offre tout pour les prêtres » au seuil de sa mort.

Reprenons des témoignages écrits par Isabelle de Fosseux sur les comportements de Delphine qui sont des comportements que l’on pourrait conseiller à des chrétiens adultes, mais sûrement pas à une enfant marquée par la souffrance entre 7 et 9 ans !

  • A l’hôpital avec les personnes qui partageaient sa chambre : cette vieille dame qui a retrouvé le chemin de la prière avec Delphine, cette petite fille « autoritaire » qui menait la chambre selon ses 4 volontés apaisée, ainsi que la détresse du petit Didi un peu abandonné par sa famille…

  • A Lourdes quand elle propose d’elle-même d’offrir un 2ème passage aux bains si froids et désagréables , à son infirmière, en contrepartie d’une démarche de confession ! Encore eut-il fallu que Delphine aborde d’elle-même ce sujet avec cette infirmière et qu’elle soit elle-même convaincue de la nécessité d’une confession fréquente.

  • Lorsqu’elle compare la souffrance de ses piqures à celle de Jésus en Croix, et qu’elle fait d’elle-même la remarque que c’est « plus facile quand ces soins sont pratiqués par une religieuse qui porte sa croix ! » Et quand elle s’approprie la phrase de Sainte Bernadette ; « Quand on pense que le Bon Dieu le permet, on ne se plaint pas »

  • En famille lorsqu’elle regarde d’abord la joie de ses frères et sœurs à aller profiter des plaisirs de la neige sans s’appesantir sur sa solitude et lorsqu’elle n’hésite pas à modérer les propos critiques concernant ce prêtre qui profite des pistes de ski au lieu d’animer un Chemin de Croix un Vendredi Saint !

Et le Seigneur nous montre bien qu’Il la préparait à Le suivre jusqu’à la croix : – Lorsqu’ elle prononce : « j’ai peur de la mort, j’ai peur de mourir ! » à rapprocher des phases de Jésus : « Mon Âme est triste à en mourir » et « Mon Dieu, Mon Dieu pourquoi M’as-Tu abandonné ? » – Puis lorsque Delphine dit « J’offre tout » à comparer au « Père tout est accompli » de Jésus ? Et enfin quand « la Belle Dame » lui apporte à boire, alors que Marie au pied de la Croix ne pouvait que s’unir par son cœur de Mère à la souffrance à l’appel de soif d’Amour de Son Fils. – Présence de Marie fréquente, si l’on fait foi du témoignage de son amie très chère, Isabelle Duplessix, qui écrit : « Isabelle, disais-tu, ne pleure pas, je vois la Sainte Vierge, elle est là pour moi ! » – Sans compter tous les témoignages d’odeur merveilleuse de rose aussi bien dans sa chambre qu’au cours des funérailles

Encore une fois, nous vous invitons à rejoindre le souhait exprimé par Mgr Aumônier : «Heureux que de telles figures ayant vécu dans notre diocèse, soient des soutiens pour la Foi et l’Espérance » .

Accueillons avec simplicité, cette progression de maturité exceptionnelle pour une enfant aussi jeune. Il semblerait que Jésus ait désiré nous faire comprendre qu’il n’y a pas d’âge pour Le suivre jusqu’à l’offrande totale de notre vie avec les moyens de Sa Grâce et la présence de Marie notre Mère.

Merci de vous associer à notre démarche pour que « la queue de cette petite comète » qui a illuminé son entourage au cours de sa courte vie continue à briller dans notre Eglise et à attirer de nombreuses grâces pour nos prêtres.